Les compléments alimentaires naturels

Dans le vaste domaine des compléments alimentaires présentés comme utiles pour nous faire conserver notre santé, l’on présente au consommateur des produits tantôt intéressants, tantôt inutiles… Le pharmacien est bien placé pour faire une sélection parmi ces produits aussi nombreux que variés que l’on retrouve tant dans un commerce spécialisé en produits « diététiques » qu’au détour d’un rayon d’une grande surface…

Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et ne peuvent donc se substituer à un traitement médical. Après une consultation chez un médecin pour écarter tout problème de santé qui doit être traité médicalement, un complément alimentaire peut améliorer le bien-être ou même aider à maintenir l’organisme en bonne santé…

Le pharmacien, tout en restant attentif tant aux perspectives de nouveaux produits qu’aux produits d’usage traditionnel, tempérera certainement les allégations de santé omniprésentes dans les publicités pour ces produits. Et si le pharmacien admet volontiers que certains produits naturels sont négligés, il dira avec force qu’il n’y a pas de remède « miracle » pour des maladies graves ou incurables…

Et maintenant quelques produits utiles…

seve-de-bouleau-bio-be-lifeLa sève de bouleau

La sève brute de bouleau (Betula pendula), obtenue au printemps en Finlande à l’abri de l’oxygène de l’air directement à partir des vaisseaux du bois, est un dépuratif par excellence… Riche en minéraux, en acides aminés, en acides de fruits et contenant deux hétérosides, son action diurétique a été mise à profit dès le Moyen-Age pour divers problèmes rénaux. Actuellement son action se limite aux cures de détoxification de l’organisme, à l’amélioration de la beauté de la peau et à l’élimination de la cellulite. On préférera une qualité biologique, sans conservateur et sans pasteurisation…

La sève de bouleau, qui se nomme également eau de bouleau, ne correspond pas à la dénomination de sirop de bouleau : ce dernier est un produit d’usage culinaire concentré par évaporation qui contient deux tiers de sucres…

La quantité journalière conseillée est d’environ 50 ml, soit un quart de verre à eau, à boire tel quel en raison d’un goût frais acceptable…

 

Le sirop de sureau

Sambucus nigra, baiesL’écorce, les feuilles, les fleurs et les baies de sureau (Sambucus nigra) sont utilisés depuis l’Antiquité et, dans nos régions où l’arbuste est commun, la médecine populaire a perpétué cette utilisation jusqu’à nos jours… Les différentes parties de la plante offrent des propriétés diverses : anti-inflammatoire, antiviral, diurétique, fébrifuge, veinotonique…

Un sirop préparé à partir de baies et de fleurs, moins courant dans la mesure où les baies et les fleurs ne sont pas récoltées à la même saison, possède l’avantage d’associer les propriétés antiseptiques des fleurs et astringentes des baies. Un tel sirop est particulièrement indiqué dans les affections respiratoires liées aux états grippaux.

Pour les affections des voies respiratoires, la quantité de sirop à utiliser est de 4 fois 15 ml (une cuillerée à soupe) par jour à avaler tel quel ou éventuellement à ajouter à une infusion chaude. Pour la gorge qui gratte (laryngite), on peut aussi prendre une douzaine de cuillerées à café du sirop tout au long de la journée pour diminuer ce symptôme désagréable…

Outre le sucre présent dans le sirop, les principes actifs interfèrent avec l’action de l’insuline : les diabétiques s’abstiendront en principe de sirop de sureau…

Le sirop de canneberges

CranberryLa canneberge (Vaccinium macrocarpon) est un arbuste originaire d’Amérique du Nord dont les grosses baies rouges étaient utilisées depuis toujours par les Amérindiens… Ces baies, qui étaient utilisées dans leur nourriture pour leur goût acidulé, furent mises à profit par les équipages des navires traversant l’Atlantique : leur richesse en vitamine C permettait d’éviter le scorbut… Au début du vingtième siècle, la canneberge fut cultivée et utilisée par les médecins pour lutter contre les infections urinaires. Depuis les années quatre-vingt, le mécanisme d’action de la canneberge est élucidé : les substances contenues dans la plante empêchent les bactéries de se fixer sur la muqueuse des voies urinaires… La canneberge est donc intéressante pour la prévention de la cystite féminine chronique. Toutefois, il ne faut pas négliger les mesures qui préviennent la cystite : boire beaucoup d’eau, ne pas se retenir pour uriner, uriner après les rapports sexuels, uriner en vidant bien la vessie, s’essuyer de l’avant vers l’arrière et soigner son hygiène intime…

La quantité de sirop à utiliser est généralement de trois fois une cuillerée à soupe par jour.

Le sirop de canneberges contient du sucre : les diabétiques et les personnes devant absolument éviter les calories utiliseront plutôt des gélules contenant un extrait sec.