Phytothérapie et remèdes naturels

Nous regroupons ici l’ensemble des remèdes naturels et il est vrai que le titre aurait dû être inversé et être « Remèdes naturels et phytothérapie » dans la mesure où la phytothérapie fait partie des remèdes naturels… A côté de la phytothérapie, les autres remèdes naturels sont d’origine minérale (le sulfate de magnésium ou l’argile, par exemple) ou animale (l’huile de foie de morue, le miel ou l’insuline porcine, par exemple).

Dans le vaste domaine de la phytothérapie, la distinction se fait entre diverses branches qui se distinguent par leur mode de mise en œuvre de technicité croissante…

Les « plantes médicinales utilisées telles quelles » forment la première branche de la phytothérapie, branche qui remonte à la nuit des temps… L’herboristerie est le canal de distribution tant des plantes médicinales que des plantes aromatiques et condimentaires alors que la pharmacie propose plutôt des plantes médicinales à des fins thérapeutiques et élabore surtout des thés composés, souvent appelés tisanes… Pour fixer les idées, la mise en œuvre « des plantes médicinales utilisées telles quelles », se fait par le malade ou son entourage lors de la préparation de tisanes par macération, infusion ou décoction ou encore de préparation de cataplasmes… Dans la plupart des préparations, seuls les principes actifs hydrosolubles seront extraits des plantes mais cependant en cas de macération dans du vin ou de l’alcool ou dans certains cataplasmes les principes actifs liposolubles peuvent être mis en œuvre…

Une autre branche de la phytothérapie, d’une mise en œuvre déjà plus technique, regroupe les poudres de plantes qui seront ingérées sous forme de pilules ou de gélules. Dans ce cas tous les principes actifs seront ingérés, et pas seulement les principes hydrosolubles extraits lors de la préparation de tisanes… On n’est plus vraiment ici dans le cadre de l’usage traditionnel familial et par le passé déjà ces poudres étaient l’apanage de guérisseurs en tout genre… Actuellement, la préparation et la mise en vente de ces gélules se font, sous un contrôle sommaire des autorités publiques, par l’industrie alimentaire ou pharmaceutique… Le patient a dès lors tout intérêt à s’adresser à un intermédiaire de confiance et à se méfier de gélules produites on ne sait où par on ne sait qui…

Une autre branche encore, caractérisée par son mode de mise en œuvre plus évolué, regroupe les extraits de plantes : les extraits secs, les extraits mous, les extraits fluides, les teintures et les teintures-mères… Ces extraits sont réalisés, à froid ou à chaud, à l’aide d’un mélange d’eau et d’alcool, parfois additionné de glycérine, en proportions variables, sur des plantes fraîches ou séchées, avec filtration et évaporation éventuelle du solvant sous vide ou à la chaleur. Les extraits qui relèvent de la législation du médicament doivent répondre à des exigences strictes de préparation, de teneur en principes actifs et d’absence de contaminants, exigences fixées par les autorités publiques au moyen des monographies des pharmacopées en vigueur. Ces extraits se retrouvent donc dans les médicaments phytothérapiques, sous forme de spécialités ou de préparations, délivrées en pharmacie avec ou sans prescription selon la nature des plantes utilisées. Certains extraits de plantes considérées comme sans danger se retrouvent cependant également dans des compléments alimentaires soumis à un contrôle sommaire…

L’aromathérapie forme ensuite une branche des plus évoluées de la phytothérapie, c’est une thérapie basée sur l’utilisation des huiles essentielles. Leur mode d’obtention est principalement la distillation de parties de plantes et souvent les propriétés de l’huile essentielle dépendent, outre de la partie de plante utilisée, de la variété botanique de l’espèce utilisée, cette variété étant identifiée par son chémotype… La Pharmacopée Française de 1884 décrivait déjà une trentaine « d’huiles volatiles » et nos prédécesseurs d’apothicaires faisaient donc déjà de l’aromathérapie sans le savoir… L’aromathérapie en tant que thérapeutique indépendante débute réellement dans les années 1960 avec les publications du docteur Jean Valnet. Elle se développe ensuite par la mise au point de procédés chromatographiques qui permet l’identification du chémotype de la variété botanique utilisée et cette identification précise explique les propriétés particulières de chaque variété… Les huiles essentielles sont des principes actifs puissants et, en raison de leurs effets secondaires, posent un réel problème de santé publique dans la mesure où elles sont disponibles à la vente, sur les marchés ou sur internet, sans contrôle de leur identité, de leur qualité et sans notice approuvée reprenant leur mode d’utilisation, leur posologie, leurs contre-indications et les mises en garde nécessaires. Elles posent les mêmes problèmes que ceux qui ont été à l’origine de la pharmacie contemporaine : remèdes falsifiés, remèdes avariés et remèdes inappropriés conseillés par des charlatans… Ces problèmes ont nécessité dès le Moyen-âge la mise en place par les Etats de règlements pour protéger les gens de ces remèdes en instituant et en contrôlant la fonction d’apothicaire et d’herboriste… Malheureusement, actuellement les autorités ne protègent pas le consommateur puisqu’elles ne soumettent pas ces substances hautement actives à la législation du médicament…

La gemmothérapie est une branche plus récente de la phytothérapie qui remonte aux années 1970. Les remèdes sont obtenus par la macération de bourgeons ou de jeunes pousses de végétaux dans un mélange d’eau, d’alcool et de glycérine. Ces tissus embryonnaires comportent bien évidemment d’autres molécules que les organes mâtures de la plante et ces molécules seraient à l’origine de l’action du macérat glycériné obtenu.

L’ultime développement des procédures d’extraction est l’isolement de certaines molécules végétales à partir de plantes médicinales visant l’obtention d’un produit le plus pur possible, un peu comme le sucre blanc extrait de la betterave sucrière… Toutefois, il est souvent devenu plus simple de synthétiser une molécule qui est la copie conforme de la molécule végétale et qui se situe de ce fait à la limite de ce que l’on peut appeler « naturel »…

Au-delà de ce stade, les molécules naturelles pourront être modifiées plus ou moins profondément par réactions chimiques pour donner diverses molécules hémi-synthétiques actuellement utilisées en médecine : mais ici l’on sort clairement du domaine des médicaments naturels…

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